Youri Djorkaeff : « Ça va être un Mondial incroyable »

“Comment les Bleus doivent-ils aborder cette Coupe du monde en novembre ?
Il y a un facteur qui n’a pas été abordé, c’est le manque de préparation, peu avant cette Coupe du monde en novembre. Dans le cas de l’équipe de France, où il y a beaucoup de blessés, où il y a des histoires, je pense qu’il vaudrait mieux entrer directement dans le vif du sujet. Entre l’Euro et la Coupe du monde, j’ai disputé les quatre derniers tours… Tu perds des joueurs dans cette longue préparation : les gars qui font des événements dans leurs clubs et qui sont hors compétition pendant ce stage. Deux ou trois semaines avant jeux d’argent.

La pression monte, on la sent vraiment. Vous arrivez avec confiance, de meilleurs marqueurs, de meilleurs défenseurs, et plus la compétition se rapproche, moins ils seront… et une semaine avant le tournoi, vous savez qu’ils ne joueront pas beaucoup. Vous vous demandez tous les jours : ‘Est-ce que je vais jouer ou pas ? Dans quelle situation ?” Psychologiquement c’est difficile. C’est pourquoi finalement l’équipe s’est formée naturellement. Vous passez à côté de ceux qui ne sont pas prêts à atteindre le niveau incroyable. En 1998, il y avait une telle demande que c’était difficile pour les joueurs du groupe avec cette concurrence naturelle mais forte. Si on y ajoute la presse, la pression extérieure… alors aujourd’hui, comme il y a beaucoup d’absents et de nouveaux joueurs, ce serait mieux qu’il n’y ait pas de préparation. Ils seront immédiatement confrontés à la « vie ».

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“Celui qui ne prépare pas la Coupe du monde après trois mois, ne sait rien”

Pourquoi les champions en titre ont-ils encore du mal après quatre ans ?
C’est dur… Il y a une toute autre chose autour d’un tenant du titre et très peu d’équipes y sont préparées : défendre un titre. Nous sommes prêts à conquérir, mais pas à défendre le titre. Surtout en général. Un joueur de tennis défendant son titre est seul dans sa bulle et s’y prépare. Mais dans l’ensemble, défendre le titre de la Coupe du monde est étrange. En quatre ans, les groupes grandissent. C’est très compliqué. Même après avoir analysé 2002, je n’aurai pas de formule magique à proposer.

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Qui sont les favoris de cette Coupe du monde ?
Brésil, Argentine, France. Cela fait longtemps que l’Amérique du Sud n’a pas gagné (Brésil en 2002, Argentine non sacrée depuis 1986). Ça va être une Coupe du Monde incroyable, on est en novembre, ce n’est pas la fin de la saison et les joueurs sont en feu.

Quand ils ne sont pas blessés…
Oui bien sûr… mais normalement tu ne devrais pas faire mal… tu ne peux pas faire mal là-bas. Lorsque la dernière saison est terminée, votre objectif est la Coupe du monde, pas la Ligue des champions ou le premier tour du Championnat. Quiconque ne se prépare pas pour la Coupe du monde après trois mois n’en a aucune idée.

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Messi, Neymar, les stars sont déjà prêtes…
Oui, mais ils ne sont pas seuls dans leurs choix. Cela faisait longtemps que je n’avais pas vu un tel équilibre dans les équipes d’Argentine et du Brésil. Ils ne jouent pas seulement pour Messi ou Neymar. Avant, en Argentine, on supposait que c’était Messi qui faisait l’équipe et les amis. Il y a vraiment un groupe. J’ai aussi regardé Brésil vs Tunisie (5-1 au Parc des Princes en septembre). Une chose m’a surpris : après le quatrième but, l’entraîneur Tait a commencé à embrasser tous les remplaçants ! Là je me suis dit : Les garçons sont en mission. Ils sont prêts. Nous aurons une Coupe du monde intense et de vraies surprises.

Quelle surprise?
l’Espagne ou l’Angleterre”.

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