l’épidémie de bronchiolite illustre la crise qui secoue les services pédiatriques hospitaliers

Ils veulent l’État “prendre la responsabilité”. Deux semaines après que 4 000 soignants aient écrit à Emmanuel Macron pour dénoncer la saturation des services hospitaliers pédiatriques, une délégation a été reçue à l’Elysée mercredi 2 novembre. Ils mettent en garde contre quelque chose de spécial à bout de souffle, dont la maladie précoce de la bronchiolite, maladie respiratoire virale qui touche les enfants de moins de 2 ans, montre les limites.

“Ce n’est que la pointe de l’iceberg”prévient Mélodie Aubart, neuropédiatre à l’hôpital Necker à Paris. “La maladie de la bronchiolite, nous sommes contre chaque année. Mais derrière, il y a une situation inéluctable et un hôpital exsangue : le Covid-19 nous a frappés et de plus en plus de soignants partent. “, précise Mahmoud Rifai, insider et président du syndicat des jeunes pédiatres d’Ile-de-France. Les deux médecins, qui nient les pénuries d’effectifs et la dégradation des conditions de travail, sont entrés mercredi à pied à l’Elysée depuis l’hôpital Necker, épicentre de la crise pédiatrique.

Mardi, lors de sa visite dans ce centre, le ministre de la Santé, François Braun, a rencontré “des équipes épuisées physiquement et moralement” avec la saturation des services de réanimation pédiatrique dans les hôpitaux de la région Ile-de-France. “Trente et un enfants ont été transportés hors d’Ile-de-France”, a déclaré le ministre de la Santé, alors que toutes les métropoles (sauf la Corse, en phase pré-épidémique) ainsi que la Guadeloupe et la Martinique sont placées au niveau « épidémie » par la Santé publique française, le plus élevé des trois niveaux d’alerte.

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Hôpitaux pour enfants dans des lieux inadaptés, transferts vers d’autres services, annulation d’opérations programmées, sortie prématurée de l’hôpital : les soignants nient les nombreux effets d’une mauvaise prise en charge. “On ne peut plus faire face aujourd’hui au pic d’une épidémie”résumé de Christèle Gras-Le Guen, présidente de l’Association française de pédiatrie, mardi sur franceinfo.

“Il y a des enfants qui attendent 9-10 heures aux urgences, d’autres qui sont renvoyés chez eux parce que des choses pires arrivent. Mais aussi certains qui sont déplacés des centaines de kilomètres en congé faute de places.”

Mahmoud Rifai, éducateur pédiatrique

chez franceinfo

Avec cette épidémie, l’exécutif se devait de réagir. Le porte-parole du gouvernement et ancien ministre de la Santé, Olivier Véran, a annoncé le 23 octobre une “Plan d’action immédiat” surtout avec des activités locales “plans blancs”, qui s’est depuis déclenché à Bordeaux ou à Rouen. Son successeur avait promis le même jour que 150 millions d’euros seraient débloqués pour la “des services hospitaliers sous pression”.

“Danger pour les enfants”

Étapes jugées “inapproprié” et “cyniques” avec l’assemblée de Pédiatrie qui a défilé mercredi vers l’Elysée. “On sent qu’on est sur le titanesque, et le gouvernement crache avec une cuillère en plastique”, a regretté mardi sur franceinfo la neuropédiatre Mélodie Aubart.

“Ce n’est pas quelque chose qui nous sauve, c’est comme donner du pain à ceux qui ont soif”. juge de son côté Hiba Traraf. Ce pédiatre vient de démissionner de la tête du service de pédiatrie de l’hôpital de Montluçon (Allier) tout en niant une crise plus large.

«Il y a une énorme vague de départs et des pénuries de personnel en cours, d’où le risque pour les enfants et les soignants. “, elle explique. Son dilemme a longtemps été celui-ci : “Si nous y allons [de l’hôpital] les enfants sont en danger. Si nous restons aussi. Il est tué par la culpabilité “ avoue celui qui va s’orienter vers l’humanitaire. Elle réclame comme ses collègues une révision globale du système de santé et une augmentation des salaires.

“Les pouvoirs publics doivent comprendre qu’aujourd’hui, en France, les enfants sont maltraités, faute de moyens, faute de soignants et faute d’une politique de santé digne de ce nom”, résume Isabelle Desguerre, chef du service de neuropédiatrie à l’hôpital Necker.

Le ministre de la Santé, François Braun, a déclaré après avoir promis qu’il serait lancé au printemps un “grand projet” sur l’avenir du département, en s’appuyant sur ce qui a été annoncé en octobre, mercredi. La prime d’exercice des soins d’urgence, par exemple, sera étendue à tous les soignants. Cette aide mensuelle de 118 euros bruts était demandée depuis plusieurs mois par les soignants et auxiliaires de puériculture en réanimation. Au lieu des 150 millions prévus pour octobre, le plan de soutien promis sera “environ 400 millions d’euros” pour les services intensifs de l’hôpital, dit-il. Je ne sais pas combien seront réservés spécifiquement aux services pédiatriques.



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