Investissements, francophonie, espace… Le programme complet du voyage d’Emmanuel Macron aux États-Unis

Il est le seul président français à connaître l’honneur de deux visites d’Etat outre-Atlantique, et sera accompagné d’une impressionnante délégation à Washington et à la Nouvelle-Orléans la semaine prochaine.

L’avantage de la tournée d’État est que la forme garantit le succès, presque indépendamment du contenu. Puis en avril 2018, offert par un Donald Trump coloré mais souple, Joe Biden réserve, pour la première fois de sa présidence, le même traitement de marque à son invité français. Il n’y a pas d’hésitation sur l’enseigne Élysée “une relation très spéciale”, “une alliance très forte” nourri par “une conversation riche et dynamique”.

Un programme bien étoffé sur trois jours

Mercredi 30 novembre, Arlington. Le président atterrira mardi soir à Washington, où sa première nuit restera “privée”. Le voyage commencera en fait le mercredi 30 novembre par une rencontre matinale avec les médias américains – une priorité inhabituelle, mais visant à entendre ses intentions et ses préoccupations dès le départ. Un “rang” sera ensuite donné à la coopération bilatérale dans le domaine spatial, en présence du vice-président américain, Kamala Harris. Cela sera suivi d’un déjeuner avec le Congressional Biodiversity Caucus (un groupe), la poursuite “priorités communes”.

C’est alors que commence la partie “visite d’État”, le plus haut niveau protocolaire dans les relations diplomatiques. Il commencera par une visite au cimetière militaire d’Arlington, dans la banlieue de Washington, en pleurant les morts et en déposant une gerbe sur la tombe du soldat inconnu. Emmanuel Macron saluera également la mémoire de Pierre-Charles L’Enfant, l’urbaniste français qui a rédigé le plan de Washington.

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La soirée sera consacrée à la coopération dans le domaine nucléaire, en présence d’acteurs clés de la région, américains et français, et d’au moins quatre ministres. Le président s’adressera ensuite à la communauté française qui vit dans et autour de la capitale fédérale américaine. La journée se terminera par un dîner privé avec Emmanuel et Brigitte Macron avec Joe et Jill Biden, “un moment détendu, convivial et informel”, on se réjouit à l’Elysée.

Le dîner d’État offert par Donald et Melania Trump pour Emmanuel et Brigitte Macron le 25 avril 2018 à la Maison Blanche. CARLOS BARRIA / REUTERS

Jeudi 1er décembre, la Maison Blanche. Ce sera une journée d’humour cérémonial et de politique. Le couple Macron sera accueilli à partir de 9h (15h en France) à la Maison Blanche avec saluts militaires, hymnes et coups de canon, en présence de nombreux invités sur la Pelouse Sud (pelouse sud) de la résidence présidentielle pour s’asseoir. Les deux chefs d’Etat auront ensuite un long entretien dans le Bureau ovale, suivi d’une conférence de presse.

Puis le président se rendra au département d’État, où il se verra offrir un déjeuner par le vice-président Kamala Harris, en présence du chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, un parfait francophone. Il retournera ensuite au Capitole pour rencontrer les dirigeants des deux chambres et des deux partis, ainsi que le caucus de l’amitié avec la France, pour discuter “des dossiers sur lesquels nous devons nous unir outre-Atlantique”, dit-on à l’Elysée.

S’il est possible d’avancer sur les résultats de l’IRA en les modérant, ce sera très important.

Conseiller d’Emmanuel Macron

L’Inflation Reduction Act (IRA), dont l’Europe nie l’immunité et s’inquiète des conséquences pour son industrie, sera à l’honneur dans les échanges du matin et du soir. Sans plus tarder, Paris rêve de cueillir “liberté” aux mesures destinées à ramener aux États-Unis l’essentiel des investissements des entreprises liés à la transition énergétique. “S’il est possible d’avancer avec les conséquences de l’IRA en les modérant, ce sera très important”, il ne cache pas un conseiller du président de la France.

Jeudi, et la visite d’État elle-même, se terminera par un dîner d’État à la Maison Blanche, en présence de centaines de personnes. Y seront conviés les membres de la délégation française, une élégante équipe spéciale composée d’une demi-douzaine de ministres (dirigés par Bruno Le Maire et Catherine Colonna), des parlementaires comme Jean-Louis Bourlanges, des chefs d’entreprise (Bernard Arnaud de LVMH, Xavier Niel d’Iliad/Free, Patrick Pouyanné de TotalEnergies, Luc Rémond d’EDF, Rodolphe Saadé de CMA CGM et autres), des personnalités scientifiques comme les cosmonautes Thomas Pesquet et Sophie Adenot, ou des artistes comme le danseur Benjamin Millepied et l’écrivain américain Douglas Kennedy, célèbre francophile.

Balcons de la rue royale dans le quartier français de la Nouvelle-Orléans. AWL Images / stock.adobe.com

Vendredi 2 décembre, Nouvelle-Orléans. Il était prévu de s’arrêter en avril 2018 car il coïncidait avec le 300e anniversaire de la ville fondée par le Français Jean Baptiste Le Moyne de Bienville. Impossible de faire ça, corrigez-le cette fois. Le président y ira à sa poursuite “notre histoire, notre découverte culturelle et sociale aux Etats-Unis”, dit-on à l’Elysée. Son message (encore à expliquer): “On vient de quelque part et on va quelque part”, selon l’avocat. Sur les rives du Mississippi, Emmanuel Macron renforcera son lien avec la francophonie (l’OIF a rejoint la Louisiane en tant qu’observateur en 2018) en annonçant la création d’un Fonds pour la langue française, qui vise à soutenir l’apprentissage de notre langue en Amérique. écoles. Il évoquera également la météo avec le gouverneur de la Louisiane (état fragilisé par la montée des eaux), la culture et la musique durant “en voyageant” dans le quartier français. Il sera le troisième président français à s’y rendre, après Charles de Gaulle en avril 1960 et Valéry Giscard d’Estaing en mai 1976.

Au-delà de l’amitié “confiant et ouvert”, le président français espère ramener quelques primes dans son portefeuille, sous la forme d’accords de coopération et, surtout, d’un assouplissement de l’influence de l’IRA en Europe. En cas d’échec, les images d’un divertissement de premier ordre dans la capitale de la première puissance du monde.

VOIR ÉGALEMENT – Biden recevra Macron à la Maison Blanche pour une visite d’Etat le 1er décembre

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