Epices : les PME de l’agroalimentaire relancent la production en France

Publié le 15 novembre 2022 12:25

C’est en cuisinant leurs recettes de condiments, sauces et confits inspirés des traditions culinaires malgaches dans leur entreprise vauclusienne Le Coq Noir qu’Alix et Joël Kautzmann ont voulu passer de la fourchette aux champs. Après avoir cédé leur fonds de commerce au groupe Natimpact en 2021, ils sont aujourd’hui agriculteurs à L’Isle-sur-la-Sorgue, près d’Avignon, à la tête de Piments de Provence, une nouvelle société qui fait surtout ce promoteur. et plus populaire en Europe. Leur objectif est ambitieux : reconstruire dans le sud de la France une région capable d’assurer la souveraineté alimentaire du pays dans la région.

Ils partent de loin. Car la France, autrefois riche de cette culture, n’en produit plus que 200 tonnes par an, soit un cinquième de ses besoins. Les industriels doivent donc s’approvisionner à l’autre bout du monde : l’Inde, premier producteur mondial, la Thaïlande, l’Éthiopie et la Chine, qui resserrent leurs exportations. Pour autant, la situation ne va pas s’améliorer : « En raison de la forte demande de produits côtiers exotiques et épicés en Europe, les besoins devraient augmenter de 5 à 6 % au cours des cinq prochaines années », prédit le cabinet de conseil indien Mordor Intelligence. .

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Sécurité d’approvisionnement

Pour sortir de cette dépendance et convaincre d’autres agriculteurs de reconvertir leur exploitation, les deux entrepreneurs se sont adressés au groupement de producteurs Solébio (20 millions d’euros de chiffre d’affaires) basé à Châteaurenard (Bouches-du-Rhône) et à l’origine du réseau Biocoop. , et est le principal fournisseur de fruits et légumes de France. Dans un premier temps, une vingtaine de variétés ont été testées dans les laboratoires de l’Institut National de la Recherche Agronomique (INRA) de Montfavet pour choisir les espèces les plus adaptées au climat local. La “sucette de Provence”, culture historique abandonnée après la guerre pour le territoire italien, a été préservée.

“Ce travail a déjà décidé une dizaine de nos adhérents qui ont produit 20 tonnes de poivres dans le Vaucluse cette année”, se réjouit Jean-François Benoit, directeur de Solébio. L’ensemble a trouvé un repreneur au Coq Noir pour développer 400 tonnes de poivre. produits finis. Pour finir de convaincre les producteurs, ce transformateur a mis la main à la poche en acceptant une somme de 4,5 euros à payer le kilo, soit 20 % de plus que le prix normal à l’importation. “Le prix, c’est l’indépendance et la sécurité d’approvisionnement”, justifie Pascale Lazzaretti, responsable des achats.

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Matériaux durables

Ces piments entrent dans la composition d’une dizaine de leurs recettes que la PME commercialise via des tournées spéciales et la grande distribution, assurant un chiffre d’affaires de 5 millions d’euros en 2021. Zone de 10%”, poursuit-elle.

Omie & Cie, qui a participé au développement de cette nouvelle filière, entend étendre ce principe de souveraineté alimentaire à de nombreuses autres filières agricoles. Cette jeune entreprise a été créée début 2020 par Christian Jorge, co-fondateur de la startup Vestiaire Collective. Depuis, il a mis en place près de 180 filières impliquant 240 agriculteurs et un millier de coopératives. “Notre objectif est de libérer les industriels des ruptures de stock tout en favorisant les pratiques renouvelables et respectueuses du cycle du sol”, explique Coline Burland, co-fondatrice et directrice de l’offre.

En Bretagne, par exemple, elle a formé 18 producteurs de maïs à ce procédé utilisant des algues comme biostimulants pour approvisionner une biscuiterie locale. C’est également le cas de l’ail à usage industriel utilisé dans la fabrication de sauces et de coulis dans plusieurs usines agroalimentaires provençales, qui est désormais approvisionné par la production de la coopérative horticole maraîchère Terres du Sud plutôt que par des agriculteurs chinois spécialement produits. « Le succès de ces mouvements tient à la construction d’écosystèmes locaux et pérennes avec des producteurs sûrs d’institutions pérennes, quelles que soient les conditions du marché », explique Coline Burland.

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La certitude de vendre des récoltes à un prix équitable affecte également des produits plus exotiques comme le safran, cultivé principalement en Iran. La France, qui importe chaque année une dizaine de tonnes de ce précieux stigmate, en a pourtant été l’un des plus gros producteurs. Mais après des hivers rigoureux et un usage intensif de teintures de synthèse, les derniers champs disparaissent dans les années 1960. Jusqu’en 1987, lorsqu’une association, Les Safraniers du Gâtinais, dans le Loiret, décide de les remettre en culture à la diffusion. Elle est aujourd’hui présente dans une quarantaine de régions.

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