«Diane de Poitiers» sur France 2 : une ode à Adjani qui sonne creux

Il pleut de l’or sur la silhouette d’une femme. Pas n’importe quelle vieille dame : Diane de Poitiers, la maîtresse secrète du roi Henri II, d’une beauté légendaire. Dite libre, cultivée, lâche, elle aurait chuchoté à l’oreille du monarque, vingt ans dans sa jeunesse, nouant et brisant des alliances autour de lui. “On connaît son visage mais très peu de choses sur sa vie”, rapporte le robot qui visite sa chapelle funéraire à un groupe de curieux du futur, à l’ouverture du téléfilm, et dont la première partie a été diffusée ce lundi, Samhain. 7 à 21h10 sur France 2 (la suite lundi prochain).

Isabelle Adjani, que l’on a adorée dans “La Reine Margot”, “Camille Claudel” ou encore “L’Histoire d’Adèle H.”, semblait tout indiquée pour incarner cette figure énigmatique du Revival. Autour d’elle, Josée Dayan a réuni un casting trois étoiles, de quoi malheureusement combler le manque d’intérêt pour le scénario.

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Pourtant, Gérard Depardieu, qui a dirigé le réalisateur dans “Le Comte de Monte-Cristo”, campe un délicieux Nostradamus, secrètement consulté par Diane de Poitiers, à la recherche d’un remède miraculeux pour l’éternelle jeunesse. Virginie Ledoyen joue Anne de Pisseleu, la maîtresse de François Ier (Samuel Labarthe). Hugo Becker prête ses qualités au jeune dauphin. Jeanne Balibar a habillé Marguerite de Navarre, JoeyStarr sur le merveilleux Comte Kervannes. Malheureusement, les conversations sont bombardées, les conversations sont sans âme.

Le “plus que la reine” finit par être ridicule

Tournée principalement au château de Chambord (Loir-et-Cher), la fiction offre assurément des vues spectaculaires. Les vêtements sont des vêtements intéressants. Leurs tenues préférées pleurent en vain, ses toilettes rivalisent d’élégance. Masque noir sur le visage, nœud dans le dos, Diane la chasseuse chevauche à la tête d’une meute de chiens. L’image est belle. Seulement beau. Car l’histoire ne commence pas à ce début.

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Très vite, on s’inquiète d’une série de plans sans queue ni tête qui parasitent l’intrigue. Autant Josée Dayan nous a fait faire un merveilleux voyage avec les « Rois maudits », autant elle nous perd avec cette « Diane de Poitiers ». Ici, Adjani joue avec un arbre. Là, elle tape des raisins. Elle flirte, joue avec la peur, mordille les arbres. Que diriez-vous de cette blague grotesque, en deuxième partie, où le “plus que la reine” s’agenouille devant une paire de “Louboutino”, des bottines à semelles rouges portées par l’italienne Catherine de Médicis. On aimerait qu’elle soit puissante, elle semble faible. On en rêve comme un secret, ça se termine sur le truc stupide. Quel dommage !

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En plus d’une histoire sur la fascinante duchesse de Valentinois, Josée Dayan livre une ode à Isabelle Adjani. L’actrice est dans tous les plans, ou presque. Augmenté même dans les séquences en tête-à-tête, pour lesquelles le réalisateur choisit de changer les zooms entre sa muse, souvent de profil, et son interlocuteur. Est-ce une astuce pour mieux cacher que l’actrice qu’elle admire est loin d’avoir l’âge de Diane qui, au début du téléfilm, n’a qu’une trentaine d’années ?

Note de l’éditeur:

Diane de Poitiers », Nouveau téléfilm français de Josée Dayan (2022), avec Isabelle Adjani, Virginie Ledoyen, Hugo Becker, Samuel Labarthe… Première partie, 1h45. Suite le lundi 14 novembre.

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