des photos ancrées dans la mémoire collective

François Hollande, à Tulle, le soir du premier tour de l'élection présidentielle de 2012, saute de l'estrade, photographié par le photographe Sébastien Calvet.

LCP-AN – LUNDI 7 NOVEMBRE À 20H30 – DOCUMENTAIRE

Créer une image du président est un art délicat. Comment « être » président et en même temps paraître proche du peuple ? Pour le locataire de l’Elysée, l’équilibre est fragile : trop s’exposer, c’est prendre le risque de nuire à son image. Mais ne pas s’exposer suffisamment, c’est trop rester dans l’ombre.

Le documentaire inédit met en scène quatre témoins. Photographe confirmé Jean-Claude Coutausse (collaborateur de monde) et Sébastien Calvet, l’ancien patron de Compatible Paris Alain Genestar et Marc Brincourt, grand connaisseur des archives hebdomadaires ont collecté 15 millions de clichés.

Tous disent comment les différents présidents de Ve République a appris à jouer avec les photographes. « Entre le photojournalisme et la communication, la différence c’est le sponsor ! », rappelle Jean-Claude Coutausse, avant d’ajouter : “La défiance est l’une des principales caractéristiques du photojournaliste”.

La désobéissance signifie parfois simplement désobéir à un groupe de pairs, se tenant seul dans un endroit inattendu. « Dans les photographies de Sébastien Calvet, on voit souvent d’autres photographes. Il fit un pas de côté, souligne Alain Genestar. Symbole de ce passage à l’écart : l’impressionnante photo du candidat François Hollande à Tulle le soir du premier tour de l’élection présidentielle de 2012, sautée de l’estrade et vite prise par Calvet.

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Posture inhabituelle

Le traditionnel portrait officiel du président est un exercice obligé qui laisse peu de place à une créativité débridée. Même si l’heureux élu choisit son portraitiste (Jacques-Henri Lartigue pour Giscard, Gisèle Freund pour Mitterrand, Bettina Rheims pour Chirac, Philippe Warrin pour Sarkozy, Raymond Depardon pour Hollande, Soazig de La Moissonnière pour Macron), le résultat final, dont photographie, qu’elle soit prise dans les jardins ou à la bibliothèque de l’Elysée, est rarement surprenante.

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Mais surprendre le chef de l’Etat dans une posture insolite est un exercice qui se traduit parfois par des images ancrées dans la mémoire collective. Comme Chirac qui dort sur un long vol, les yeux fermés, les mains tendues sur le ventre et les jambes tendues ; ou Sarkozy traversant les marches de l’Elysée en short après un jogging.

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Comment éviter de tomber dans le piège de la communication pure et simple ? “Ce n’est pas Sarkozy qui a inventé le portrait du président du peuple, c’est Pompidou”, se souvient Alain Genestar. Présentant son mari Claude, photographié au volant de sa voiture dans la campagne, sur un bateau à l’extérieur de Brégançon (Var) ou pêchant la crevette sur une plage bretonne, Pompidou a été la première à comprendre comment jouer sa photo.

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Après lui, Giscard, élu à 48 ans, tentera de projeter une image plus moderne de la présidence, avec des résultats mitigés. Mitterrand saura jouer avec les photographes, Chirac aussi. Sarkozy tentera dans un premier temps la carte Kennedy, mettant en scène sa femme Cecilia.

En 2014, trois ans avant son élection, Emmanuel Macron, jeune ministre de l’Économie, apparaît au bras de Michel Sapin (ministre des Finances et des Comptes publics). La symbolique est forte : lui, Macron, est aux commandes. “La photographie politique consiste à rapprocher la personnalité des gens”, dit Marc Brincourt. Cela montre aussi la force.

Le Portrait des Présidents de la République vu par les photographes de Ghislain Delaval (Fr., 2022, 52 min). LCP Assemblée Nationale – Suivi d’un DebatDoc.

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