Avec Xi Jinping, la ″poutinisation″ du pouvoir en Chine | International | DW

Xi Jinping remporte un troisième mandat à la présidence de la République populaire. Le 20e Congrès du Parti communiste chinois (PCC), qui a entériné ce maintien à la tête du pays, a été l’occasion pour Xi Jinping de positionner ses alliés au sein du Comité permanent, le plus haut niveau du pouvoir.

Entretien avec Emmanuel Lincot, professeur à l’Institut catholique de Paris, sinologue et chercheur associé à l’IRIS.

Il s’agit très clairement d’un avertissement aux Américains et aux Occidentaux sur le dossier taiwanais, mais aussi sur le contentieux de la mer de Chine méridionale. Ce sont vraiment deux points d’achoppement.

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Sans oublier également un troisième front, celui qui oppose la Chine et l’Inde dans la région de l’Himalaya, où il existe aussi des conflits frontaliers très importants et très anciens entre les deux pays. Alors, en fait, sans grande surprise, Xi Jinping se souvient de ses priorités de politique étrangère, donc de son attachement à la souveraineté de la Chine et à ses revendications de souveraineté, précisément dans les régions disputées de la mer de Chine méridionale, à Taïwan et dans l’Himalaya pour l’essentiel.

DW : Selon vous, qu’évoque la reconduction de Xi Jinping pour son troisième mandat ?

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Il évoque en quelque sorte une sorte de « poutinisation » du régime chinois, c’est-à-dire une confiscation de toute possibilité d’évolution démocratique du régime. Il évoque aussi la destruction de toute forme de contre-pouvoir au sein même du Politbüro.

DW : Et comment expliquez-vous la scène, donc où Hu Jintao a été escorté pendant cette cérémonie ?

Il reste à mon avis assez ambigu jusqu’à aujourd’hui. Peut-être aurons-nous une explication rationnelle, mais paradoxalement, je ne le vois pas comme une scène organisée par Xi Jinping lui-même. Je peux me tromper, bien sûr, mais je le vois plus, en fait, comme un signe de protestation de Hu Jintao qui n’a pas pu voter contre Xi Jinping.

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En revanche, en signe de protestation, il l’a fait en votant avec ses pieds, c’est-à-dire qu’il a délibérément quitté le Congrès. Donc, dans tous les cas, qu’ils soient organisés par Xi Jinping ou par Hu Jintao lui-même, c’est un dissensus du consensus chinois, c’est-à-dire que c’est vraiment un événement qui, en soi, peut être le signe avant-coureur d’une contestation plus forte. dans les mois ou les années à venir.



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